Que Votre Eté soit Musical!

J’ai grandi entre un papa chanteur populaire et une maman mélomane. Ma mère avec qui je vivais, aimait le jazz, l’Opéra, mais aussi les Pink Floyd, Chick Coréa, Weather Report, Oum Kalthoum, José Féliciano ou Johnny Mathis, toute une pléiade d’artistes d’horizons divers.

Chaque soir avant de céder au sommeil, la musique jouée dans le salon m’entrainait dans un voyage imaginaire où s’étiraient des portées, des mélodies, des harmonies à la beauté dissonante. Je traversais une forêt enchantée du Brésil, faisais escale dans un somptueux palais du Caire, ou portée par le souffle de Miles Davis, je suivais les pas de Jeanne Moreau dans les rues de Paris. Je pouvais enfin m’abandonner à l’Odyssée merveilleuse de mes nuits.

Je réalise aujourd’hui que ces heures et ces heures d’écoute ont développé mon oreille musicale. Quel plus beau cadeau que celui-là ?

Je me passionne pour les voix, les mots, l’interprétation et propose toujours des choix de chansons éclectiques à mes élèves. Car lorsqu’on me demande ce que j’écoute, le style musical que je préfère, je réponds que j’aime toutes les musiques à partir du moment où elles sonnent !

A bon entendeur, écoutez toutes les musiques, faites-les écouter à vos enfants petits ou grands, faites-leur découvrir ce que vous aimez. La musique est un bien commun, elle est à la portée de tous, et au-delà de l’éveil musical de chacun, elle apporte la joie, l’espoir, et le réconfort !

Chanter, un sport de glisse ? Le chant ressemble beaucoup plus à un sport de glisse qu’on pourrait le croire. Non pas parce qu’il y a une planche ou de la vitesse, mais parce que chanter repose sur la même sensation : celle de laisser circuler quelque chose dans le corps sans le bloquer.Dans les sports de glisse, les meilleurs ne sont pas ceux qui forcent. Un bon surfeur ou un bon skieur ne lutte pas contre le mouvement, il apprend à l’accompagner. Dès qu’il se crispe, tout devient raide, il perd le flow. Le chant, c’est pareil ! Quand on chante en force, avec la mâchoire serrée, les épaules et nuque tendues, le souffle se coince, le larynx se crispe, la voix se ferme. Mais quand le corps se détend et que la respiration circule bien, la voix commence à “glisser”. Le son devient fluide. Dans ces moments-là, on oublie de se juger et on réussit à faire taire cette petite voix intérieure qui nous fait douter. C’est aussi pour cela qu’on parle souvent de : souffle, flux, placement, soutien. Même le mot legato veut dire quelque chose de lié, de continu, sans cassure. Exactement comme une belle courbe en ski ou une vague bien prise en surf. Il y a aussi quelque chose de très proche dans les sensations : l’équilibre, le rythme, l’écoute du corps, la capacité à rester souple et présent. Quand un chanteur est vraiment dedans, concentré, il y a un moment où tout s’aligne. Le souffle porte la phrase, la voix sort presque toute seule, et on arrête de “contrôler” chaque détail. On se laisse traverser et c’est bon ! Au fond, dans le chant comme dans la glisse, la sensation de liberté vient rarement de la force brute mais plutôt du relâchement, de la précision et du lâcher-prise. C’est peut-être pour ça que certains artistes donnent l’impression de flotter quand ils chantent ! Alors soyez sportifs ! Chantez maintenant!